Le théâtre d’ombre a commencé en Extrême Orient, puis a été signalé à Java, en Chine et en Inde et est arrivé en Turquie. Il semble que le théâtre d’ombre ait été emprunté à Java par les Arabes. Le commerce et les invasions faisaient que ceux-ci étaient toujours en contact avec Java. Le théâtre d’ombre fut alors emprunté à l’Egypte par les Turcs au 16ème siècle.”
"Le théâtre d’ombre connu en Turquie sous le nom de Karagoz a eu une très longue histoire sous l’Empire Ottoman. Si l’on en croit la tradition orale, reprise par les artistes qui font du théâtre d’ombre et qui dès l’époque d’Evliya Celebi ont constitué une société très respectée, on doit remonter au règne d’Orhan (1326– 1359) pour trouver sinon l’origine de ce spectacle, au moins les dates de naissance des 2 personnages Karagoz and Hacivad. Selon la légende, Hacivad et Karagoz vécurent à cette époque, à Bursa, l’un était maçon, l’autre forgeron.
Selon l’histoire, ils auraient même travaillé ensemble à la construction d’une mosquée commandée par le Sultan. Toutefois, nos deux amis, conformes à leurs rôles d’amuseurs tenaient les autres artisans éloignés de leurs tâches par leurs plaisanteries ou bavardages sans fin. L’histoire ajoute que les autres ouvriers étaient tellement captivés par les perpétuelles gesticulations comiques des 2 compagnons qu’ils laissaient leurs instruments et outils de côté pour se réunir autour d’eux. Cette situation qui nuisait à l’avancement des travaux de la mosquée vint aux oreilles du Sultan et l’histoire dit que, lorsqu’il apprit ce qui se passait, il ordonna l’exécution immédiate des 2 coupables. Et les 2 joyeux lurons eurent une fin bien sombre peu en accord avec leur vie insouciante. Orhan, toutefois fut pris de remords et regretta sa trop grande dureté. Selon la légende, un certain Sheikh Kusteri, qui voulait consoler son maître, installa dans un coin du palais un drap derrière lequel il montrait les marionnettes d’ombre représentant les 2 compagnons qui avaient été exécutés, tout en imitant leurs dialogues comiques ce qui fit la joie du Sultan.
La légende ajoute même un détail savoureux : les premières marionnettes de Hacivad and Karagoz n’étaient autres que les babouches de cet ingénieux Sheik !
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